( 12 janvier, 2008 )

de la frontière du Sahara occidental à Nouâdhibou

31 décembre : 18ème jour (suite) : de la frontière à Nouâdhibou: 50km

En sortant du no man’s land, nous découvrons le poste de frontière de la république islamique de Mauritanie (ouvert jusqu’à 19h00 avec une pause de 13h30 à 15h00) qui est l’occasion d’un premier contrôle de gendarmerie. Pendant que l’émissaire Paul amène les passeports au bureau, Laurent et Daniel font la conversation à un autre gendarme qui refuse de donner son nom car c’est un secret d’Etat. Il nous demande si nous apportons des cadeaux pour des enfants. On lui répond que nous avons quelques objets pour un orphelinat au Burkina Faso. Bien entendu, il tente de nous convaincre sans succès de donner pour les pauvres du coin, en commençant par sa famille. Il a quatre femmes, ce qui nous lui vaut nos félicitations et la remarque qu’il doit bien vivre. Paul revient avec les papiers et les visas pour trois jours (à EUR 10.- chacun) prolongeables à Nouakchott et nous continuons jusqu’au prochain poste de contrôle 300 mètres plus loin.

Le passage de la frontière est amusant et sympathique. Il y a là pêle-mêle la gendarmerie, la douane, les vendeurs d’assurance véhicule, de cartes téléphoniques et les agents de change. Paul s’en va négocier l’assurance et le taux de change : 300 ouguiya pour un euro ; oui ça c’est pour les touristes, mais pour moi c’est combien ? Les Mauritaniens rigolent car ils s’aperçoivent qu’ils n’ont pas à faire un touriste ordinaire, ce sera 320 pour cette fois. Pendant ce temps là, les procédures douanières se poursuivent. Un groupe de douaniers s’approche du bus et nous engageons une conversation sympathique. L’un deux demande à Daniel de faire des photos et la séance de pose s’engage. Grâce à une adresse E-mail, nous pourrons leur faire parvenir les clichés. Laurent acquiert une carte SIM mauritanienne. Tout se passe de manière décontractée, le contrôle physique du véhicule et de son chargement est liquidé en 42 secondes. En tout nous avons nécessité à peine plus d’une heure pour toutes les procédures. Paul revient en nous signalant qu’un mauritanien a demandé de venir avec nous jusqu’à Nouâdhibou et si nous sommes d’accord, ce qui ne pose pas le moindre problème, au contraire. Il s’agit de Mokthar, le vendeur d’assurances qui nous semble très sympathique, très informé et très observateur, ce qui impressionne Paul car il même remarqué que son turban n’est pas le dernier modèle. Paul confirme qu’il l’a effectivement acheté dans le Sahara algérien en 1989. Mokthar monte à l’avant et la route sur fond de crépuscule jusqu’à Nouâdhibou se transforme en une introduction sur le pays, son histoire, ses sites touristiques, la situation du Sahara occidental et de l’assassinat de quatre Français le 24 décembre en Mauritanie attribué à Al-Qaïda (fraction algérienne). Sur la route, encore quelques contrôles de douane et gendarmerie. Nous apprenons que les mêmes fiches récapitulatrices que nous avons utilisées au Maroc seront utiles ici.

 

 

de la frontière du Sahara occidental à Nouâdhibou dans La Mauritanie clip_image002Nouâdhibou, capitale économique de la Mauritanie et port de pêche important, anciennement appelé Port-Étienne, est situé sur le cap blanc (Ras Nouadhibou), à l’extrémité nord-ouest du pays. C’est par ce débouché portuaire qu’est exporté le minerai de fer de la mine de Zouerate, par l’un des plus grands trains du monde. Cette ville abrite 100’000 habitants. Une route, inaugurée début 2005 la relie dorénavant à Nouakchott et à la frontière sud du Sahara occidental administré par le Maroc. Ce nouveau moyen de communication fait qu’elle attire de plus en plus les populations du sud à la recherche de travail.

En arrivant dans la capitale économique, nous observons une concentration impressionnante de Mercedes. Moktar nous informe que beaucoup sont volées au Maroc…et cessent de fonctionner après quelques jours, grâce au blocage satellitaire (en option). On croise aussi d’énormes 4×4, acquis par des maffiosi trafiquants de drogue (haschich et chanvre indien).

Moktar nous amène au « camping.de la baie du lévrier » chez Ali. Les chambres (un matelas sur le sol et c’est tout) sont à OM 3’000 (option prise par Laurent et Daniel), alors que Paul sort la tente (OM 2’000). En demandant d’allumer le gaz, la douche est même agréablement chaude…et ça fait du bien, après le sable du Sahara crépissant les cheveux, d’autant plus que c’est le soir du réveillon. Ali nous emmène dans un restaurant chinois, « Le Mérou ». Nous mangeons des crevettes en entrée (à l’ail ou en salade) puis du poulet pour Ali et Laurent (moyen), Paul et Daniel dégustant un très bon filet de mérou (cherne ou thiouf). Pas de vin, mais de la Tsing Tan (bière chinoise). La facture plutôt salée : OM 15’000, soit l’équivalent d’un salaire mensuel moyen. Paul rentre avec Ali pendant que Daniel et Laurent boivent un café tranquillement et retournent au camp au gré d’une petite ballade. Le champagne cuvée millésimée mis au frais attendra car Laurent, fatigué s’en va mettre la tronçonneuse en marche avant les douze coups de minuit. Quelques minutes avant le passage à 2008 Paul ressort de sa tente et on se congratule, puis il rejoint Daniel dans le camping car de Juan Manuel et José, deux espagnols de Ceuta qui hébergent pour la nuit le vieux couple de motards italiens. Ces quatre-là en ont gros sur la patate car leur passage en Mauritanie s’est avéré long, énervant et cher. Sans doute une meilleure préparation psychologique et une attitude adaptée aux mœurs locales aurait peut-être pu leur faciliter la tâche. Quoi qu’il en soit, nous trinquons amicalement au cidre (espagnol et breton) à la nouvelle année qui commence.

1er janvier 2008 : 19ème jour : Nouâdhibou: 50km

Faute de temps (et sans doute de motivation suite à leur mésaventure douanière de la veille), les espagnols abandonnent leur projet d’aller pagayer (ils ont des canoës sur le toit) dans la réserve de la presqu’île du Cap Blanc pour observer les oiseaux migrateurs et essayer de voir les phoques moines (Monachus monachus), une espèce protégée dont il reste très peu de représentants sur la planète (principalement en Grèce) décimés qu’ils ont été au XVIIe siècle pour leur graisse.

En route pour le petit déjeuner à quelques rues derrière le consulat d’Espagne. Daniel s’arrête pour changer de l’argent (à 360) et trouve une coque pour son vénérable Nokia…,chouette, après la batterie neuve du Maroc, voilà un téléphone tout neuf ! Vers 11heures, nous partons avec Mokthar pour une excursion guidée. Nous commençons par un passage à la gare SNIM pour voir s’il y a une possibilité de mettre le bus sur le train jusqu’à Choum mais c’est fermé (le jour de l’An est férié). Nous piquons pour le cimetière de bateaux nous ébahir devant les épaves de bâtiments dont certains n’ont jamais navigués, faute d’équipage (alors que les bateaux avaient été offerts). D’autres ont été abandonnés plutôt que de payer les licences de pêche dues à la Mauritanie. C’est un spectacle un peu surréaliste.

Un peu plus loin en direction du Cap Blanc, nous avons le privilège d’assister à un rassemblement d’oiseaux migrateurs (peut-être des cormorans) sur la plage. Un train devant arriver tantôt nous retournons vers les rails et attendons le passage du monstre de 24’000 tonnes (si, si, c’est pas un gag), constitué de 200 wagons et tiré par quatre locomotives. Avec ses deux kilomètres de long, ce train minier est le deuxième le plus long du monde (seul un train australien du même genre fait un peu mieux avec quelques voitures de plus) et le plus lent (30km/h de moyenne). En queue de train, il y a trois « wagons-voyageurs », en fait des bahuts immondes. Il y a même des couchettes, mais c’est tellement sale et puant que les courageux qui s’y entassent sautent du train à peine celui-ci est arrêté. L’autre option pour voyager est de s’installer dans un wagon minier. S’il est vide, ça peut aller, mais s’il est plein, on ressort garanti imbibé de minerai de fer, bon pour la santé tout ça, mais dans ce cas le transport est gratuit !!

A compléter.

sur fond de plage couverte de bouteilles en PET et de sacs en plastique.

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